vendredi 16 novembre 2012

Et si on arrêtait la charité politique pour enfin résoudre les véritables causes des inondations ?


  Cette année encore, comme cela devient une coutume déjà au Tchad, on estime que plus de 30.000 personnes sont déplacées suite aux ravages d’une pluviométrie plus abondante que présagée. Les pluies torrentielles ont fait atteindre leurs niveaux exceptionnels au Chari et au Logone faisant des quartiers de N’Djamena comme Walia, Ngueli et Farcha-Milezi de véritables mares où la promiscuité devient le quotidien des sinistrés. Dans le Tchad profond, la situation est tout aussi lamentable. Et comme toujours, c’est l’occasion attendue par le régime pour montrer une image plus sociale de lui-même en démarrant la caravane de la compassion. Et comme toujours aussi, la première dame est au-devant de ce cirque politique où nos clowns de dirigeants nous font des farces autour de la misère du peuple. Elle explique à ces misérables comment le charitable « Président de la République, Son Excellence, Monsieur IDRISS DEBY ITNO, toujours sensible aux problèmes que rencontrent ses compatriotes, a instruit le Gouvernement de débloquer plus d’un milliard de nos francs pour voler au secours des sinistrés sur l’ensemble du territoire national. Sur cette enveloppe, 250 millions de francs CFA sont destinés aux arrondissements les plus touchés de la capitale. Comme le Maire de la ville de N’Djaména vient de les égrener, les statistiques sont alarmantes. Les secours apportés à ce jour n’ont pas permis de couvrir les besoins urgents des sinistrés ». Pour l’instant d’une cérémonie, on débloque des milliards pour montrer à cette populace en larmes que le gouvernement partage leurs afflictions. Et comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, année après année les sinistrés sombrent dans la promiscuité et la décadence matérielle, et le gouvernement continue ses fanfaronnades. Mais en réalité, le cycle continuel des inondations au Tchad ne traduit rien de moins que l’incapacité du gouvernement à anticiper, et donc à gérer.
Et pourtant, une mobilisation des normes élémentaires en matière de prévision météorologique et d’urbanisation suffirait à prévenir les calamités et offrir à nos compatriotes des conditions de vie plus décentes. On se doit bien de considérer que, les milliards investis en dons pour gérer la riposte, seraient beaucoup plus rentables s’ils servaient à doter les services d’urbanisme et de météorologie des moyens nécessaires. On sait en effet que la météo au Tchad se résume à collecter la hauteur de pluie enregistrée, sans pouvoir prédire le temps qu’il fera, ne serait-ce que 24 heures seulement à l’avance. On sait aussi qu’au Tchad, c’est chaque propriétaire qui est responsable du terrassement et de la viabilisation de sa parcelle, chose qui a de graves conséquences sur le ruissellement des eaux de ménage et de pluies. Mettre un terme aux inondations et à leurs conséquences n’est donc pas une mission impossible si on décidait d’agir en amont du phénomène lui-même.
Mais de quoi le gouvernement se préoccupe-t-il vraiment lorsqu’il offre ces dons aux sinistrés ? Hélas il convient de dire qu’il est plus soucieux de son propre image dans les medias que de la souffrance réelle des victimes. Et n’espérons pas un changement aussi longtemps que le malheur des sinistrés servira de marché politique à des dirigeants inspirés par le vice. 

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