Cette année encore, comme cela devient une coutume déjà au
Tchad, on estime que plus de 30.000 personnes sont déplacées suite
aux ravages d’une pluviométrie plus abondante que présagée. Les pluies
torrentielles ont fait atteindre leurs niveaux
exceptionnels au Chari et au Logone faisant des quartiers de
N’Djamena comme Walia, Ngueli et Farcha-Milezi de véritables mares où la
promiscuité devient le quotidien des sinistrés.
Dans le Tchad profond, la situation est tout aussi lamentable. Et
comme toujours, c’est l’occasion attendue par le régime pour montrer une
image plus sociale de lui-même en démarrant la caravane
de la compassion. Et comme toujours aussi, la première dame est
au-devant de ce cirque politique où nos clowns de dirigeants nous font
des farces autour de la misère du peuple. Elle explique à
ces misérables comment le charitable « Président
de la République, Son Excellence, Monsieur
IDRISS DEBY ITNO, toujours sensible aux problèmes que rencontrent
ses compatriotes, a instruit le Gouvernement de débloquer plus d’un
milliard de nos francs pour voler au secours des sinistrés
sur l’ensemble du territoire national. Sur cette enveloppe, 250
millions de francs CFA sont destinés aux arrondissements les plus
touchés de la capitale. Comme
le Maire de la ville de N’Djaména vient de les égrener, les
statistiques sont alarmantes. Les secours apportés à ce jour n’ont pas
permis de couvrir les
besoins urgents des sinistrés ».
Pour l’instant d’une cérémonie, on débloque des milliards pour montrer à
cette populace en larmes que
le gouvernement partage leurs afflictions. Et comme les mêmes causes
produisent les mêmes effets, année après année les sinistrés sombrent
dans la promiscuité et la décadence matérielle, et le
gouvernement continue ses fanfaronnades. Mais en réalité, le cycle
continuel des inondations au Tchad ne traduit rien de moins que
l’incapacité du gouvernement à anticiper, et donc à
gérer.
Et
pourtant, une mobilisation des normes élémentaires en matière de
prévision météorologique et d’urbanisation
suffirait à prévenir les calamités et offrir à nos compatriotes des
conditions de vie plus décentes. On se doit bien de considérer que, les
milliards investis en dons pour gérer la riposte,
seraient beaucoup plus rentables s’ils servaient à doter les
services d’urbanisme et de météorologie des moyens nécessaires. On sait
en effet que la météo au Tchad se résume à collecter la
hauteur de pluie enregistrée, sans pouvoir prédire le temps qu’il
fera, ne serait-ce que 24 heures seulement à l’avance. On sait aussi
qu’au Tchad, c’est chaque propriétaire qui est responsable
du terrassement et de la viabilisation de sa parcelle, chose qui a
de graves conséquences sur le ruissellement des eaux de ménage et de
pluies. Mettre un terme aux inondations et à leurs
conséquences n’est donc pas une mission impossible si on décidait
d’agir en amont du phénomène lui-même.
Mais
de quoi le gouvernement se préoccupe-t-il vraiment lorsqu’il offre ces
dons aux sinistrés ? Hélas il convient de dire qu’il est plus soucieux
de son
propre image dans les medias que de la souffrance réelle des
victimes. Et n’espérons pas un changement aussi longtemps que le malheur
des sinistrés servira de marché politique à des dirigeants
inspirés par le vice.
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