Ce
mardi 30 octobre dans la ville de N’Djaména, les portes des écoles et
échoppes seront hermétiquement
fermées. La population est sollicitée de se rendre à l’aéroport
pour, à cor et à cri, réserver un accueil des plus chaleureux au Chef de
l’Etat. En effet, dans l’après-midi du 28 octobre 2012 le
Tchad a failli connaitre un évènement majeur dont nul ne pouvait
véritablement prédire les issues. On pouvait lire ce le site de la
présidence de la République que « l’avion qui transportait
le Président de la République Son Excellence Monsieur IDRISS DEBY
ITNO avait raté son atterrissage sur la piste de Kalaït dans la région
de l’Ennedi. L’avion est endommagé. Mais, le Président de
la République est sorti sain et sauf ainsi que tous les autres
passagers. Le Président de la République a effectué le déplacement pour
prendre part au Forum du Développement et de la Paix de la
Région du Borkou- Ennedi-Tibesti sur invitation de l’Association
pour la Paix et le Développement ».
Le
plus choquant de la propagande, montée autour de cet évènement qui
aurait pu être
tragique, n’est sans doute pas la mobilisation de la population
comme des moutons de panurge. En effet, le régime du président Deby est
passé maitre dans l’achat des consciences. Et face à une
population qui sombre chaque jour un peu plus dans la déchéance
matérielle, il se trouve beaucoup qui aient leur conscience à vendre.
Mais de là que des thuriféraires du régime proclament qu’une
tragique disparition du Chef de l’Etat aurait pu faire reculer le
pays de cent ans dans le chaos et la désolation, nous restons simplement
pantois. Où sont donc passés les exploits de ce monsieur
que les medias d’Etat nous présentent tous les jours comme le garant
de la nation ayant réussi à cimenter le socle de l’unité nationale par
de-là les clivages ethniques et religieux ? Ces
griots aveugles des avantages que leur confère le pouvoir
auraient-ils subitement recouvré la vue à la perspective que la
disparition de Deby signerait aussi l’acte de leur décès politique ?
Mais au moins la panique suscitée par cet évènement nous convainc
d’une chose : le régime actuel ne saurait garantir paisiblement la
transition au sommet si le leadership venait à
disparaitre de manière inattendue. Pour le dire autrement, avec les
cadres du mouvement patriotique du salut, le risque est réel et très
grand que le Tchad sombrera dans la tragédie, le chaos et
le désespoir si Deby venait à ne plus assumer ses fonctions. D’où la
nécessite pour les Tchadiens des autres horizons politiques et sociaux
d’agir immédiatement a la création des capacités
indispensables à une transition sereine. La mobilisation des forces
vives de la nation est impérieuse et elles doivent œuvrer incessamment à
la réalisation d’une alternance au pouvoir dans les
délais les plus brefs.